A Little Note

The Hasard Beauty - © copyrights some[wh]air Brussels November 2010

Plus d'un an que j'écris ici, plus d'un an que je m'y suis installée. Je ne pensais pas que ce blog allait prendre les tournures qu'il a pris en un an, je pensais encore moins que j'allais prendre les directions que j'ai prises en un an. Beaucoup de photos, beaucoup de séances et surtout beaucoup de belles rencontres. Je me prends souvent la tête pour rien, je pleure beaucoup trop pour pas grand chose, mais au final, je me suis amusée, et je m'amuse toujours. "C'est le principal." Mais je voulais remercier aussi remercier tous ceux qui prennent le temps de me lire, d'observer mon évolution, parce que vous êtes chaque jour un peu plus nombreux. Merci pour tous vos mots des plus encourageants, vos mails, messages et commentaires. Et aussi à ceux qui m'entourent, qui m'encouragent, qui me soutiennent, et surtout qui me supportent et croient en moi chaque jour. Ceci était un message le plus niais jamais écrit ici (mais pardonnez-moi, c'est pour l'anniversaire de ce blog, mon petit bébé), vous pouvez désormais reprendre vos activités normales.

The Sense of Me

Music

Try to try again
To hear yourself again from time to time




The Sense of Me (Selfportrait) - © copyrights some[wh]air Brussels June 2011

Walk on the Wild Side

Music
















Walk on the Wild Side (Model : Joanne C.) - © copyrights some[wh]air Brussels February 2011

Joanne est une modèle que je voulais photographier depuis un petit temps. Faute de temps et d'organisation de ma part, il m'a fallu attendre plus de six mois pour enfin la rencontrer et la photographier. On m'avait dit qu'elle était grande, mais je m'en suis vraiment rendue compte qu'en ne la rencontrant. La voir dépasser Eric avec ses talons de 13 cm était sûrement le moment où je me suis sentie le plus petite. Pleine d'énergie fraîche et agréable, Joanne m'a immédiatement donnée le sourire et la bonne humeur qui m'est nécessaire pour une séance. Après avoir choisi la tenue, on s'était dirigé à pieds vers un parc à côté de chez moi. Entre fous rires et quelques petits "accidents", on était arrivées à l'endroit de la séance décontractées. Mais dès que j'ai tenu l'appareil en main, elle m'a fait preuve d'un grand professionnalisme. Comprenant chacune de mes directions sans trop d'explications, réfléchissant sur chacune de ses poses et les détails importants, proposant elle-même des idées, j'ai tout de suite compris que j'allais adorer travailler avec elle. Charismatique, féminine et provocatrice en même temps, avec une grande originalité dans sa façon de poser (avec son corps parfaitement proportionné, ne l'oublions pas), j'ai su que Joanne allait m'offrir de nombreuses possibilités que je n'ai pas eu encore l'occasion d'exploiter.  (De plus elle parvient à me stopper avant que je ne fasse 10Go de photos, ce qui est une véritable qualité avec moi, il faut le dire.) Avec elle, on a encore beaucoup de projets à réaliser et rien que d'y penser est une partie de plaisir tellement elle travaille efficacement et tout ce, dans la joie !

These Summer Nights




 Summer Night - © copyrights some[wh]air Luxembourg May 2011

Dévaler les forêts de bambou et en ressortir avec une vingtaine de piqure de moustiques. Croquer les concombres fraichement cueillis des mains marquées par les années de grand-père. M'allonger et sentir l'odeur tellement spécifique du tatami monter avec la chaleur. Compter les pépins des pastèques que grande-mère a coupé avec habileté. Sentir le vent frapper contre le visage tout au long de ce chemin qui longe les rizières. Écouter les coups de canon balançant milles fleurs de feu dans le ciel. Gouter les milles nouveaux produits sortis depuis ma dernière visite. Sentir encore plus cette chaleur humide aux chants des cigales qui se donnent à cour joie sans jamais s'arrêter. Entendre cette langue dans chaque coin de rue. Les lire, les comprendre, et malgré tout, se sentir ailleurs. L'été pour moi, c'était tout ça. Des semaines coupée du monde européen, plongée dans cette culture qui ne m'est pas si indifférente. Je regarde chaque chose avec des yeux d'enfant. Ça fait plus de cinq ans que je n'y suis pas retournée. Et surtout à cette période de l'année, où chaque souvenir d'enfance refera surface. Avec mon nouveau regard. Je me demande ce qui va venir devant mon objectif. Je me demande si l'air aura une couleur différente d'ici... À voir.

Welcome to Hell for 3 Weeks

Pendant le Jury - © copyrights some[wh]air Brussels June 2011

Photoshop, Lightroom, Illustrator, Indesign constamment ouverts. Créer, sauvegarder, exporter. Se tromper de format, de profil couleur, péter un plomb. Travailler, vectoriser pendant des heures, voir son ordinateur planter. Se rendre compte qu'on a rien sauvegardé. Et repéter un plomb. Fumer. Dessiner alors qu'on ne sait pas le faire, scanner, 1200dpi, retoucher, enregistrer sous. Créer des nouveaux dossiers "à trier" dans le dossier "à classer", ne plus trouver son fichier, paniquer et crier. Boire du café, du café et oublier de manger à des heures correctes. Fumer. Se regarder dans le miroir et arrêter de lutter contre l'état des cheveux et de la peau déplorable. Imprimer, oublier des fichiers, couper, payer, payer très cher, couper, pleurer sur sa maladresse, et criser. Coller tout sauf la maquette mais le doigts, monter, observer et se rendre compte des erreurs, et pleurer. Montrer aux profs, se faire démonter, recommencer à zéro, haïr la terre entière, fumer, et péter un plomb pour la 42ème fois de la journée. Regarder le lit et lui dire qu'il nous manque, qu'on aimerait le retrouver plus de 2h. Convertir correctement, exporter correctement, et assembler correctement. Chercher une clé USB au milieu des tas de feuilles, pleurer encore un petit coup avant d'aller imprimer pour la dixième fois depuis le début du jury. Remercier ses amis qui vous aident, pleurer d'émotion, et remercier encore de tout cœur. Surveiller l'heure, se dire qu'on devrait se dépêcher avant la fermeture de l'imprimerie. Fumer. Et se tromper dans les fichiers. S'énerver, insulter son ordinateur, lui demander constamment "mais c'est quoi ton problème ?!". Fumer. Stresser de ne pas finir à temps, s'endormir sur le clavier, et un peu partout dès que le corps nous lâche. Faire de la merde, parce que le cerveau ne fonctionne plus, en être conscient et ne pas pouvoir faire mieux. Fumer. Et péter un plomb pour la route. Craquer, dire n'importe quoi, rire sur une bouteille de Coca, pleurer sur un dixième de millimètre de feuille mal coupé, alerter les gens de gogoles, poser des questions stupides, et se rendre compte par la suite. Préparer les fichiers, stresser. Afficher, regarder, et douter pour la millième fois. Se dire qu'on aurait dû. Qu'on aurait pu... Et se dire finalement "à quoi bon ?". Prendre des décisions et des résolutions et ne pas pouvoir les tenir. Faire des programmes qui ne seront jamais respectés. Ne plus répondre à aucun mail, en se disant que les gens comprendront. Faire dix milles listes pour être sûre qu'on a rien oublié. Et vider le énième paquet de cigarettes. 3 semaines où on se rend plus compte de rien, 3 semaines où on devient un zombie, 3 semaines de stress, de crises de nerf, de remise en questions, de larmes inexpliquées. Attendre dans le couloir pendant des heures, attendre les réactions des profs, des proches, et surtout du Jury. Expliquer ses projets, se défendre, sentir son cœur battre à mille à l'heure à chaque faute d'expression. Sortir après un quart d'heure. Se dire que normalement ça a été, aller fumer une cigarette, et se dire "tout ça pour ça, finalement". Dormir toute habillée, se réveiller et se rendre compte enfin que c'est fini réellement. Jeter dans la corbeille tout ce qui est devenu inutile, la vider. Sentir la fatigue. Une grosse. Mais celle dont on est fière. D'être aller jusqu'au bout. Se dire "l'année prochaine ça va être pire". Et sourire finalement. Voilà comment en graphisme on vit cette période de fin d'année. On peut le dire. On est complètement maso d'avoir choisi des études pareilles...

Dance from the Darkness

Sweet Dreams






Dance from the Darkness (Mélanie G.) - © copyrights some[wh]air Brussels January 2011

Avec mon projet 365, j'ai dû immanquablement trouvé des approches totalement inexploitées jusqu'à maintenant. Des techniques de retouche encore jamais abordées, des points de vue jamais entrepris, et surtout des jeux de lumière que je n'ai jamais même pensé à faire. Et de nouvelles envies sont apparues avec. Ça faisait très longtemps que je n'avais plus fait de séances portées entièrement sur les portraits : je voulais quelque chose de moins porté sur le décor, les vêtements, mais plus sur une ambiance particulière que je voulais mettre en scène. C'est ainsi qu'un beau jour, j'ai balancé à Mélanie "Quand t'as le temps, tu pourrais poser pour moi pour une séance plutôt expérimentale ? Je ne sais pas du tout si ça va donner, mais j'ai envie de jouer avec tes cheveux". Ce qui est génial avec elle, c'est qu'aussi bizarres sont les formulations de mes propositions, elle ne me lance jamais un regard dubitatif et a toujours su me faire confiance. Depuis très longtemps, je voulais m'amuser avec un effet de contre-jour sur les cheveux volant mais n'ayant pas les moyens adéquats pour, je gardais cette idée pour un futur assez lointain. Mais l'excuse de "je n'ai pas les matériaux"m'a toujours énervée et j'ai finalement décidé de bidouiller, comme d'habitude, avec ce que j'avais. À savoir une bête lampe halogène, quelques livres et un ventilateur. Je les ai ainsi placés de façon totalement maladroite et bancale et commencé la séance, sans savoir ce que j'allais obtenir. Finalement, sans avoir trop calculé ma lumière et le trajectoire du vent qui soufflait sans pitié sur le visage de Méla, j'ai obtenu ces images qui étaient au delà de mes espérances. J'ai (encore une fois) après sélection séparé cette série en deux parties, une plutôt avec cette ambiance sombre et mystérieuse, et l'autre plutôt axée sur la féminité et le mouvement. "Sachie, tu lui donnes un ventilo et une lampe, et elle est heureuse" a-t-elle dit Méla après m'avoir vue surexcitée pendant les prises de vue. C'est vrai que j'avais retrouvé le goût pour ces séances sans aucun artifice. Juste la beauté de la personne en face de moi, son essence et ma vision.

Madame la Marquise

Madame la Marquise, vos roses sont si belles, mais si seules dans votre château bien trop grand pour vous. Courtisez-la avant qu'elle ne se fane, avant qu'elle nous tombe dans les bras d'un autre. Mais prenez garde. N'oubliez pas les lumières du jour, n'oubliez pas de partir avant qu'il ne soit trop tard. Les rideaux se refermeront à jamais lorsque les feux disparaitront dans l'obscurité. Le chemin du retour s'envolera en même temps que sa chair que vous avez savouré. Dans la fumée de ces souvenirs lointains, dans le regard rempli d'oubli vide. Le songe d'un été ne se consume qu'à l’abri de ces regards indiscrets. Madame la marquise, laissez-moi vous courtiser. Avant que je ne m'endorme, avant que l'on ne m'arrache de mes douces nuits.

















Madame la Marquise (Model : Eva M.C.) - © copyrights some[wh]air July 2010

Cette série fut donc bel et bien la dernière étape de notre "séance marathon" effectué l'été dernier avec Eva (et Morgane qui nous avait supporté dans notre périple.) Après avoir passé la journée pour la première et la deuxième série sous le soleil tapant, on avait pris la voiture direction chez mes parents pour la dernière série. En attendant qu'Eva s'habille, se maquille, fume sa cigarette, Morgane et moi avons réaménagé tout le salon en y semant la pagaille. La séance s'est déroulée entre les fous rire sur mes poses les plus dignes pour avoir le meilleur angle de vue et mes habituels cris d'excitation "Ne bouge surtout pas ! T'es parfaite là !" On peut le dire, la fatigue et sûrement cette journée passée sous la chaleur estivale nous avait rendues complètement hystériques. Morgane tenant la lampe pendant plus d'une heure n'en pouvait plus, Eva devant s'immobiliser chaque minute non plus. Malgré la lumière que je ne parvenais pas à gérer, on avait finalement réussi à finir cette longue journée vers minuit. En tassant dans le coffre tous les vêtements, maquillages et accessoires divers, on est enfin rentrées chez moi pour célébrer la fin de cette "séance marathon" qui était déjà en train de devenir une légende - du moins pour nous trois. Devant la rediffusion de Secret Story (pas de commentaire s'il-vous-plaît), le verre à la main, la clope au bec, on a ainsi savouré cette fatigue que finalement on aime tant. La fatigue après avoir été au bout du projet, de l'avoir accompli. Cette journée reste pour moi un de mes meilleurs souvenirs de l'été dernier. En tout cas à chaque fois qu'on se retrouve, on en parle encore avec les mêmes rires hystériques qu'on avait eu ce jour.