Nightcall









Nightcall - © copyrights some[wh]air Brussels October 2012

Le moteur résonne dans ces rues désertes. Une vision, deux visions, trois... Ça suffit pour que ma main se pose sur le frein à main. 3h du matin. Le vent glacial de l'hiver s'agrippe à mes mains. Dans les reflets le vide s'entrecroise avec l'invisible. Les lumières artificielles font apparaître ces ombres nocturnes. Presque imaginaires. Des lignes et des structures éclairées par la nuit tracent mes pas arbitraires. - Ces pas effectués il y a 8 ans à Paris. - Dans la nuit, dans la terreur, dans le doute, dans le chaos. Pour fuir l'insomnie, l'attente, le cauchemar trop réel. Aujourd'hui, j'ai moins peur. L'appareil à la main, c'est la curiosité qui me fait avancer. Voyager dans les sensations. Je ne fuis plus. Je m'échappe juste. Toujours dans cet ailleurs qui est le mien. Intouchable. Je le deviens avec lui.

Where Innocence is Burned in Flames






Se poser des questions. Et perdre son temps. Attendre le moment opportun. Pour rater l'instant. Étouffer ses envies. Et les regretter après. S'écouter. Se laisser surprendre. Se laisser emporter par le courant des instincts. Que ça me réussit ou pas ? C'est pas vraiment la question en fait. Ça me fait du bien. C'est plutôt ça.

Be Young, Be Dope, Be Proud






















© copyrights some[wh]air Brussels March 2013

Des arrivées différées, avec une destination commune. Le cercle s'agrandit, la salle se remplit, se rétrécit. Non au Mirano, oui à la Kpop et à la Jpop, les Jupiler qui auraient pu s'appeler Jupiter,  les Corona hipster et un tabouret cassé. Marcher sous la pluie belge, sur les pavés bruxellois, s'arrêter et proposer des pauses Instagram. Se perdre en détournant le Sablon, déambuler sur le Chemin de Traverse pour siroter du Mojito,  piquer du Whisky à un inconnu, et jeter à la gueule d'un autre "T'as les tétons qui pointent". Rentrer sous la drash nationale en taxi, dormir tous ensemble dans la même pièce, avec des matelas étalés au sol. Se réveiller vaseux, avec une voix digne de rockers, manger des Bagels à une table tellement melting-pot entre "un corse, un breton, deux métisses parisiennes, une métisse chinoise et une japonaise", digérer, se vautrer dans les matelas pour trouver la motivation pour un peu de shopping. Faire des courses, remplir le caddie de Gin, de Dr Pepper, de Red Bull, de chips et rien à manger, rentrer, se faire décolorer la moitié des cheveux par une fille qu'on a rencontrée il y a moins de 24h. Boire du Gin Tonic, imiter Antoine en train de fumer, dire Houlalaa à longueur de soirée parce qu'on n'arrive pas à aller plus loin, jouir, se gratter la joue, cinco-five-go, banane, 21 et autres multiples de 3, zouker, trouver au coins de la tête Betty, enchaîner duckface, hum hum, et prendre un bon accent belge pour Fricâdelle, Toxic ou autres tubes passant sur le moment, fesser, "j'aime la bite", 14 au lieu de 16 pour compliquer, moule-chatte-schnek-vulve, Givenchyyyy d'Andria, Zahia et faire un cri d'horreur pas du tout crédible. Se faire décolorer l'autre moitié des cheveux bourrés, à 3h du matin, finir à 5h. Se promener le lendemain dans toute la maison hantée avec un appareil photo entre rez-de-chaussée, 2ème et 3ème étage, croiser entre-temps des gens nus, trouver dans chaque pièce des phénomènes bizarres, ne pas se poser des questions parce que c'est ça la normalité. Réflexes, iPhone, Mamiya... Chacun sa vision, chacun ses envies. Sentir un peu la fin, la mélancolie. Ranger, rassembler, discuter, prendre la route tout stressés. Embrasser et enlacer sur les quais, remercier du temps partagé, au pied de la porte d'un paki fermé trop tôt, revenir juste à deux dans une maison bien trop grande, bien trop vide. Tout ça en 3 jours. Découvrir, rencontrer, partager, laisser parler son instinct, et juste profiter. Espérer que le temps s'arrête. Le retour à la réalité le lundi. Mais avec des souvenirs pleins la tête, pleins les yeux. On était des putains d'ados. Et on a adoré ça.